Un dépassement, un seul, au bon moment : la McLaren M19 aux couleurs de Yardley, pilotée par Stuart Hall et partie en pole position pour la Course E, s’est fait surprendre tout de suite, dans la montée de Beau Rivage, vers le Casino, dès le début du 1er tour (sur 12), par la Surtees TS9 de Michael Lyons. Pendant ce temps, la Brabham BT 37 de Jamie Constable s’installait au 3e rang devant la March 721 Eifelland de David Shaw, avec rétroviseur central, autrefois pilotée par le regretté Rolf Stommelen, suivie à distance par la McLaren en robe orange de Roald Goethe, le grand collectionneur installé à Monaco.
Hall n’a rien lâché, pour le plus grand plaisir des spectateurs installés au soleil, et à la mi-course sa McLaren blanche était revenue dans la boîte de vitesses de la Surtees bleue, très loin devant le peloton de chasse, mais Hall n’a jamais trouvé l’ouverture, malgré plusieurs tentatives à la Rascasse.
Quant à la bagarre entre Constable et Shaw, très animée de bout en bout, elle s’est terminée par un accrochage à la Piscine qui n’a pas empêché Constable de terminer sur le podium alors que Shaw a dû laisser sa 4e place à Goethe.
La Coupe de SAS le Prince de Monaco, pour le vainqueur anglo-irlandais de 30 ans, et les Coupes de l’Automobile Club de Monaco, pour Hall et Constable, ont été remises par Géry Mestre, le président de la Commission des Voitures de Collection de l’ACM.
Au volant de deux Maserati différentes, une 250 F en Série B, puis une 300 S en Série C, Guillermo Fierro-Eleta a remporté deux courses dimanche au Grand Prix Historique de Monaco, de main de maître, mais la deuxième victoire a été plus difficile à obtenir face à de belles Anglaises très rapides. Dans cette course réservée aux voitures de sport à moteur avant ayant couru entre 1952 et 1957, il a d’abord profité d’un tout-droit de l’Anglais David Hart, parti à côté de lui sur la 1re ligne, et en tête en début de course, mais un peu trop optimiste quand il a tapé à la Rascasse et abîmé son train avant gauche, puis est rentré sagement aux stands.
Derrière la Maserati de l’entrepreneur espagnol de 60 ans, deux Jaguar ont pris les places d’honneur, la Type D de Niklas Halusa et la Type C du Belge Nicolas Bert. Très bien partie, sur la 4e place de la grille, l’Allemande Katarina Kyvalova, dans sa Cooper-Jaguar T33, s’est bien battue contre les hommes et a réussi à préserver jusqu’au bout une très belle 5e place, derrière Ulrich Schumacher dans une Maserati. Les Coupes ont été remises sur le podium par Christophe Allgeyer, Commissaire Général Adjoint de l’Automobile Club de Monaco (ACM).
A quelques minutes du départ de la Course de la série F, Jean Alesi échauffe la mécanique humaine avant de s’occuper de faire chauffer les gommes de sa Ferrari 312B3 qui partira de la première ligne aux cotés du poleman Marco Werner, triple vainqueur au Mans, dans une Lotus 77.
La domination de Maserati sur les voitures anglaises, aux essais libres vendredi, s’est confirmée samedi en qualifications puisque, dans la Série C réservée aux voitures de sport à moteur avant ayant couru entre 1952 et 1957, l’Espagnol Guillermo Fierro-Eleta a récidivé : 2 minutes 3 secondes et 2/1000 dans sa 300 S, soit deux secondes de mieux que la veille, et un peu mieux qu’une autre 300 S pilotée par David Hart. Le trio de tête est le même, puisque la Jaguar Type D de Niklas Halusa, avec son aileron de requin, partira sur la 2e ligne. Il aura l’honneur et le privilège de démarrer à côté d’une jeune femme, l’Allemande Katarina Kyvalova, qui a fait mieux, dans sa Cooper-Jaguar T33, que 12 pilotes hommes…
Mark Shaw, dans sa Lotus 21 à moteur Climax, construite en 1961 et pilotée en course par l’immense Jim Clark, a conservé sa position dominante dans la Série D et partira en pole position dimanche, mais il n’a pas beaucoup amélioré son chrono : 1 minute 53 secondes et 121/1000, même pas un dixième de mieux que vendredi aux essais libres.
En revanche, la concurrence s’est bien rapprochée ; à moins de deux secondes, sous la forme d’une autre Lotus-Climax, mais un modèle 18 de 1960, pilotée par Nick Taylor. Sur la deuxième ligne, dimanche, on trouvera le Français Philippe Bonny, dans une Brabham-Ford BT2 et une autre Lotus-Climax, une 24 de 1962, aux mains du Suisse Philipp Buhofer.
La Série F, réservée aux F1 de 1973 à 1976, s’est offert une première ligne royale pour dimanche, avec en pole position un triple vainqueur des 24 Heures du Mans, Marco Werner, qui a bouclé un tour très rapide en 1:31.261 dans une Lotus 77, et à ses côtés l’invité vedette de ce 12e GP de Monaco Historique, un Jean Alesi très affûté, 201 GPs au compteur, dont 79 dans des Ferrari, qui a attendu que la piste soit moins glissante pour commencer à rouler. Ce sera donc son 80e GP dans une Ferrari dimanche ! Les deux « anciens » ont réussi à devancer deux pilotes plus jeunes, aussi doués l’un que l’autre : Michael Lyons, 30 ans, dans une McLaren M26 pilotée par James Hunt à la fin de sa carrière en F1, et Julian Andlauer, plus habitué à piloter des Porsche, dans une March 761 ex-Arturo Merzario. La seule mauvaise nouvelle du jour, c’est que René Arnoux, dans l’autre Ferrari 312 B3 ex-Niki Lauda, a tapé à la sortie du virage du Bureau de Tabac quand il s’est retrouvé au point mort au moment d’accélérer.
Le Sud-Africain Jordan Grogor partira en pole position dimanche pour la course de la Série G, réservée aux F1 construites entre 1977 et 1980. Au volant de son Arrows A3 aux couleurs dorées du brasseur allemand Warsteiner, ce grand spécialiste des courses historiques et des épreuves d’endurance dans le Golfe persique, âgé de 39 ans, a réussi un tour en 1 :31.417 et battu de justesse (moins de deux dixièmes de seconde) l’Anglo-Irlandais Michael Lyons, 30 ans, dans sa Hesketh 308 E de 1977. Deux Tyrrell 010 partiront sur la 2e ligne de la grille, confiées au Britannique Mike Cantillon et au jeune Français Evens Stievenart, dans une autre Tyrrell 010. C’était la dernière séance de qualification d’une journée parfaite, sous un soleil radieux.
C’est un peu avant le départ des essais qualificatifs de la Série E ce matin que S.A.S. le Prince Albert II de Monaco a honoré le paddock de sa présence. A ses côtés, le Président de l’ACM, Michel Boeri, Michel Ferry (Vice-Président), Gery Mestre(Président de la Commission des voitures de collection) et Christian Tornatore (Commissaire Général), l’ont guidé dans les stands puis au sein du paddock Quai Antoine 1er. Avant de s’entretenir longuement avec René Arnoux et Jean Alesi, qui l’a accompagné pendant toute sa visite, le Prince Albert avait encouragé précédemment dans les stands le pilote monégasque Frédéric Lajoux, engagé dans la Série G, celle des monoplaces les plus récentes, sur une Arrows A1B de 1978…
La séance de qualification des voitures d’avant-guerre, très disputée, a finalement tourné à l’avantage de la Frazer Nash de Patrick Blakeney-Edwards qui a signé le meilleur chrono de cette Série A, en 2 min 9 sec 87/1000, avec trois secondes d’avance sur la Talbot-Lago du Suisse Christian Traber qui avait réussi vendredi le meilleur temps des essais libres. Sur la deuxième ligne, l’Autrichien Niklas Halusa, dans une Bugatti 35B, partira dimanche avec à ses côtés le Britannique Ewen Sergison dans une Maserati 6CM.
Comme lors des essais libres de vendredi, la puissante Maserati 250 F de Guillermo Fierro-Eleta, dans la Série B, a remporté le duel qui l’opposait à la très agile Lotus 16 de Max Smith Hilliard, dont la boîte de vitesses avait été changée vendredi soir. Mais pour conquérir la pole, l’Espagnol a dû sortir le grand jeu et réussir un tour en 1 min 56 sec 127/1000, soit quatre secondes plus vite que vendredi, car le Britannique a entretenu le suspense jusqu’au bout et n’a échoué qu’à une grosse seconde. La deuxième ligne dimanche sera 100% italienne, avec la Maserati blanche de Martin Halusa et la Ferrari Dino 246, à moteur V6, d’Alex Birkenstock, pilotée en 1960 par le champion du monde américain Phil Hill.