La deuxième épreuve spéciale de la dernière matinée de course au 91e Rallye Monte-Carlo a permis à Kalle Rovanperä d’égaliser à 1 temps scratch partout dans le duel final des pilotes du Toyota Gazoo Racing contre Sébastien Ogier. Les deux hommes étaient séparés de 16 secondes seulement en quittant ce matin le port de Monaco. Le Français avait sonné le réveil en signant le meilleur temps dans l’ES15, avec 2.7 secondes de mieux que le jeune Finlandais. Le champion du monde en titre a aussitôt répliqué dans le Col de Turini (ES16, 15 .12 km), intégralement sec : 1.5 seconde de moins que le Français, histoire de revenir à 17.2 secondes du leader.
Au bilan des temps scratch dans ce rallye, Ogier mène toujours largement (8 à 5), et il n’est plus qu’à 34 km d’une 9evictoire historique en Principauté. Derrière les deux intouchables, Elfyn Evans est parti à la faute, bêtement, dans une épingle où sa Toyota Yaris a trop pivoté en sortie. Quelques secondes de perdues qui confortent la 3e place de Thierry Neuville (Hyundai Motorsport) au classement général, histoire de sauver l’honneur pour la marque coréenne.
En WRC2, la bagarre continue aussi. A mi-chemin dans cette dernière journée, le Russe Nikolay Gryazin (Skoda Fabia) a toujours une petite marge de manœuvre face à Yohan Rossel (Citroën C3) : 9 secondes, c’est peu et beaucoup à la fois.
Après avoir vu son jeune coéquipier lui reprendre 20 secondes dans la journée d’hier, le Gapençais a réagi ce matin en réalisant le premier temps scratch de la journée. Alors que les pilotes sont en mode gestion avec leurs pneus pour les préserver au maximum avant la 18e et dernière spéciale de ce 91e Rallye Monte-Carlo qui fera office de Power Stage, Sébastien Ogier a décroché sa 8e victoire en spéciale en 2023. Il a devancé ses deux coéquipiers du Toyota Gazoo Racing, Elfyn Evans et Kalle Rovanperä, de 2.7 secondes.
« Hier soir, beaucoup avaient des doutes sur ma capacité à gérer mon avance, mais c’est ce que je fais en ce moment », a commenté le Français ce matin au point stop de la 15e spéciale entre Luceram et Lantosque, longue de 18.82km.
Derrière ce trio de tête infernal, Thierry Neuville est toujours le meilleur des autres. Le Belge n’est qu’à 5.1 secondes de l’octuple champion du monde et conserve un matelas d’avance (22.1 secondes) confortable au classement général sur Evans. Ce dimanche, le vainqueur du Rallye Monte-Carlo 2020 ne devra pas se faire piéger dans les deux boucles de 33.94 km chronométrés s’il souhaite s’assurer un 56e podium en WRC.
Sébastien Ogier entamera la dernière journée du 91e Rallye Monte-Carlo avec 16 secondes d’avance sur son jeune coéquipier et successeur Kalle Rovanperä, auteur d’un superbe temps scratch dans l’ES14 pour finir en beauté une journée de rallye pendant laquelle le Français a géré, en mode prudence.
« C’était la spéciale où il y avait le plus de risques de crevaison, donc j’ai fait très attention, comme au premier passage. Je suis content qu’elle soit derrière moi », a dit Ogier au point stop de cette longue spéciale disputée de nuit, à la lueur des rampes de phares, entre Ubraye et Entrevaux (21,78 km).
Le champion du monde finlandais a infligé à son glorieux aîné des Hautes-Alpes une addition salée : 9.8 secondes d’un seul coup, de quoi revenir à 16 secondes tout rond au classement général, avec encore quatre spéciales (ES15 à ES18) à parcourir dimanche matin, soit 67 km chronométrés.
Dans la foulée de ses deux temps scratch de samedi après-midi, Thierry Neuville (Hyundai Motorsport) a montré une fois de plus qu’il commençait à prendre la mesure de sa nouvelle i20, en signant le 2e chrono de cette ES14, à 6.7 secondes de Rovanperä. Et en devançant une nouvelle fois Elfyn Evans, qui devra reprendre 24.5 secondes au Belge dimanche matin s’il veut monter sur le podium final.
Ogier est ensuite reparti sur la route pour rentrer au port de Monaco. En tête du rallye depuis jeudi soir, l’octuple champion du monde est toujours en quête d’un 9e succès historique en Principauté. La seule chose qu’il pourrait accepter de ne pas remporter dimanche, c’est la Power Stage de clôture.
Non content d’avoir signé son premier temps scratch de l’année 2023 dans l’ES12, Thierry Neuville (Hyundai Motorsport) a aussitôt récidivé en se montrant le plus rapide dans la suivante, entre Malijai et Puimichel (ES13, 17.31 km), devant les fans de Sébastien Ogier massés le long de cette jolie route de campagne parsemée de bosses.
« Je me suis un peu fait mal au dos à la retombée d’un jump, mais ça va », a dit le Belge au point stop. Il venait de devancer une fois de plus les trois pilotes de pointe du Toyota Gazoo Racing, dans l’ordre Kalle Rovanperä à 0.2 seconde, Elfyn Evans à 3 secondes, Sébastien Ogier à 3.9 secondes. « La spéciale était un peu sale sur la fin, maintenant il en reste une, de nuit, c’est toujours sympa », a ajouté l’octuple champion du monde français, plus que jamais en quête d’un 9e succès historique en Principauté dimanche.
Après cette ES13, Neuville est toujours 3e du classement général, à moins de 10 secondes de Rovanperä qui n’a donc pas de droit à l’erreur s’il veut préserver l’espoir, pour Toyota, d’un doublé dimanche. Evans 4e pointe désormais à 22 secondes de Neuville et le triplé japonais ne semble plus à l’ordre du jour, sauf incident toujours possible.
Petit événement lors du deuxième passage entre Le Fugeret et Thorame-Haute cet après-midi, dans l’ES12 (16,8 km) : Thierry Neuville (Hyundai Motorsport) a signé son premier temps scratch du 91e Rallye Monte-Carlo et donc de la saison 2023 en WRC. Et le premier qui échappe au Toyota Gazoo Racing depuis le départ jeudi soir.
« Je suis content, j’avais un bon rythme », a dit le Belge au point stop de la Colle Saint-Michel, après avoir réussi le 323e temps scratch de sa carrière en Mondial des rallyes (143 départs, 55 podiums, 17 victoires). Une sacrée « perf » face à des Toyota Yaris dominatrices et une belle récompense pour sa capacité de résistance désormais légendaire, sa patience et son joli coup de volant.
Après cette ES12, Neuville est toujours 3e du classement général, à 39 secondes de Sébastien Ogier et 9.5 secondes seulement de Kalle Rovanperä. Il a toujours une bonne marge d’avance (19.5 secondes) sur Elfyn Evans, le troisième pilote de pointe de Toyota. De quoi envisager la suite des opérations avec sérénité, surtout si une crevaison, toujours possible avec des pneus Pirelli Soft et Super Soft de plus en plus usés, vient perturber le classement général, à un moment ou à un autre.
En WRC2, la situation est stable, car le Russe Nikolay Gryazin (Skoda Fabia) contrôle toujours la situation face à ses deux principaux rivaux français, Yohan Rossel et Stéphane Lefebvre, dans leurs Citroën C3. Mais eux aussi vont devoir se méfier des cordes, des cailloux, de tous ces pièges qui font le charme intemporel du Rallye Monte-Carlo, et provoquent parfois des rebondissements.
Pour terminer en beauté cette matinée de samedi, l’ES11, sur une route très étroite et tortueuse entre Ubraye et Entrevaux (21,78 km), était la deuxième plus longue de ce 91eRallye Monte-Carlo (après l’ES2 jeudi soir). Et comme on pouvait s’y attendre, elle n’a pas échappé non plus à un pilote Toyota. Cette fois-ci Kalle Rovanperä, comme dans l’ES9 en début de matinée, avec un gros écart (4.6 secondes) sur ses deux coéquipiers, Sébastien Ogier et Elfyn Evans, ex-aequo à la deuxième place de cette ES11.
« J’ai un peu surchauffé mes pneus en début de spéciale, mais après ça allait mieux », a avoué le jeune Finlandais, champion du monde en titre, après avoir signé son troisième temps scratch du rallye. « Il y avait des gros risques de crevaison dans cette spéciale, donc j’ai fait attention. Je joue un peu la sécurité depuis ce matin », a expliqué Ogier quelques minutes plus tard.
Le résultat, c’est encore un triplé du Toyota Gazoo Racing en spéciale, comme dans les deux spéciales précédentes, devant le très constant Thierry Neuville (Hyundai Motorsport), toujours 3e du classement général devant Ott Tänak (M-Sport Ford). L’Estonien, champion du monde 2019, est ralenti par des problèmes de direction assistée depuis l’ES10 dans sa Ford Puma hybride, comme son coéquipier Pierre-Louis Loubet vendredi.
Après la pause sandwich à Puget-Théniers, la même boucle de trois spéciales est prévue samedi après-midi, puis le retour au port de Monaco pour préparer la dernière matinée de course, dimanche sur les hauteurs de Nice.
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C’est une des « classiques » du Rallye Monte-Carlo, entre Malijai et Puimichel, tout près de Digne-les-Bains, et c’est aussi la spéciale « la plus proche de la région où j’habite, donc il y avait beaucoup de fans, merci pour le soutien », a dit Sébastien Ogier après avoir signé le meilleur temps dans l’ES10 (17,31 km), « une très belle spéciale à l’ancienne, avec beaucoup de bosses », a ajouté l’octuple champion du monde.
Son 7e temps scratch sur 10 dans ce 91e Rallye Monte-Carlo, devant de très nombreux spectateurs, en plein soleil et en plein vent glacial, Ogier l’a réussi avec une toute petite marge, quatre dixièmes de seconde de mieux qu’Elfyn Evans et 1.1 seconde de mieux que Kalle Rovanperä, meilleur temps dans l’ES9, pour un nouveau triplé du Toyota Gazoo Racing.
Encore 4e en performance pure, mais plus que jamais en quête d’un nouveau podium en WRC, faute de mieux, Thierry Neuville (Hyundai Motorsport) reste 3e du classement général et fait tout ce qu’il peut pour contenir les assauts d’Evans, retardé vendredi matin par une crevaison. Le Gallois n’a plus que 19.1 secondes de retard sur le Belge, une Yaris un peu plus performante que la i20 de Neuville, et il lui reste huit spéciales pour compléter un éventuel triplé Toyota en Principauté.
Chez M-Sport Ford, les soucis continuent. Comme Pierre-Louis Loubet vendredi, Ott Tänak est tombé en panne de direction assistée, au km 3 de cette ES10, et va devoir se battre toute la journée pour sauver quelques points dimanche au championnat du monde.
Ce n’est qu’une étape dans la carrière de Kalle Rovanperä, 22 ans, mais elle est significative : le 100e temps scratch dans une épreuve spéciale du WRC, ce matin entre Le Fugeret et Thorame-Haute (16,8 km), histoire de bien lancer la 3e journée du 91e Rallye Monte-Carlo. C’est son 2e cette année, son 5e temps scratch au Monte-Carlo et le jeune champion du monde est encore loin des 935 spéciales remportées par le grand maître Sébastien Loeb, mais c’est aussi le 1950e temps scratch de la marque japonaise en rallye.
Le Toyota Gazoo Racing continue donc sa razzia dans ce Monte-Carlo, 9 temps scratch sur 9, avec un nouveau triplé au tableau d’affichage : Rovanperä devant Sébastien Ogier et Elfyn Evans. Ce trio infernal a roulé plus vite que Thierry Neuville (Hyundai Motorsport), 4e à 2.7 secondes. Cela fait beaucoup de 9 mais c’est peut-être un heureux présage pour le Français, qui vise cette année un 9e succès record en Principauté.
Plus loin derrière, les pilotes M-Sport Ford ne sont pas dans le coup, même si Ott Tänak sauve les apparences et reste dans le Top 5. Le champion du monde 2019 pointe à près d’une minute d’Ogier au classement général (57.5 sec exactement) alors que les concurrents viennent de passer ce matin, dans la fameuse Colle Saint-Michel, le cap de la mi-rallye.
Cette ES9 a fait une victime dans les rangs tricolores : Pierre-Louis Loubet, l’autre pilote M-Sport Ford, reparti bien reposé après une après-midi entière à piloter sans direction assistée, et très motivé. Il a glissé dans le dernier virage à gauche, juste avant la cellule de chronométrage, et endommagé sa Ford Puma hybride au niveau du train arrière droit. Retour en course prévu dimanche matin : « Il va vite falloir recharger les batteries pour revenir en forme et tenter de viser quelques points lors de la Power Stage », a réagi le jeune pilote corse.
La 2e journée du 91e Rallye Monte-Carlo a été dominée de bout en bout par le Toyota Gazoo Racing et s’est conclue par un temps scratch du champion du monde en titre, le jeune Finlandais Kalle Rovanperä, dans l’ES8 (Briançonnet-Entrevaux, 14,55 km). Son premier de l’épreuve, après le premier aussi pour Elfyn Evans dans l’ES6 en début d’après-midi. Carton plein donc depuis le départ jeudi soir pour l’écurie japonaise qui n’a rien laissé à ses rivales, Hyundai Motorsport et M-Sport Ford.
« Je n’ai pas trop attaqué, j’ai juste essayé de faire une spéciale propre. Ma voiture semblait plus efficace que ce matin », a dit le plus jeune champion du monde de l’histoire du WRC, au point stop de l’ES8, là-même où Sébastien Loeb avait remporté l’édition 2022 devant Ogier, il y a un an. Il a ensuite enclenché la marche avant pour repartir vers Monaco avec un retard de 36 secondes sur son coéquipier français au classement général, et encore dix spéciales à négocier samedi et dimanche matin.
« Je suis très content, évidemment le risque de crevaison était plus élevé dans cette spéciale, donc j’y suis allé doucement. Je suis juste content de pouvoir ramener la voiture au parc d’assistance », a dit Ogier au même endroit. Il avait crevé un pneu dans cette spéciale l’an dernier, en pleine bagarre finale avec Loeb, offrant bien malgré lui une victoire historique à son grand rival.
Samedi matin, quand tout le monde repartira de Monaco pour les six spéciales de la troisième journée, Ogier aura aussi 37.9 secondes d’avance sur Thierry Neuville (Hyundai), 3e et sous la menace de deux autres « top drivers », Ott Tänak (M-Sport Ford), 4e à 54.2 secondes, et Elfyn Evans (Toyota), 5e à 1:02.3 après avoir été victime vendredi matin d’une crevaison qui a gâché tous ses efforts. Ca fait trois pilotes Toyota dans le Top 5, il reste plus de 175 km chronométrés. Faites vos jeux !
Après une courte pause dans l’ES6 (temps scratch d’Elfyn Evans, son premier du rallye), le festival de Sébastien Ogier (Toyota Gazoo Racing) a repris de plus belle dans l’ES7, soit le deuxième passage du jour entre Puget-Théniers et Saint-Antonin (19,79 km). Meilleur temps à nouveau pour l’octuple champion du monde, le sixième en sept spéciales, avec 1.6 seconde d’avance sur le Gallois et 3.1 sur Kalle Rovanperä, le champion du monde en titre. Et donc triplé du Toyota Gazoo Racing, toujours à 100% au bilan des victoires en spéciales dans cette 91e édition du Rallye Monte-Carlo, devant le seul résistant notable à cette domination japonaise depuis jeudi soir, Thierry Neuville (Hyundai Motorsport).
Le Français, huit fois champion du monde et très doué pour la mécanique, a vraisemblablement réussi à faire réparer son système hybride défaillant à la mi-journée à Puget-Théniers, après l’ES5 : « Les gars ont réussi à réparer pendant la pause avec leur ordinateur portable », a raconté Ogier. « C’est mieux avec le système hybride, ça me permet de me concentrer sur le pilotage », a-t-il avoué au point stop de cette ES7. Il lui restait alors une seule spéciale à négocier, l’ES8, avant de rentrer au parc d’assistance de Monaco.