C’était l’un des morceaux de choix de ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique, dimanche en fin de matinée : les 27,7 km de la SR6 entre Freyssenet et Saint-Martial, en plein cœur de l’Ardèche. Et une autre marque s’est imposée, BMW, grâce à la 2002 TI de Laurent Combier et Etienne Berthoin, une voiture de 1969.
L’équipage français de cette BMW numéro 65 a fait un peu mieux que les Grecs de l’Austin Mini Cooper S numéro 232, datant de 1973, et que la VW Golf GTi d’Eric Mallen et Jean-Louis Rimet, ex-aequo avec la Volvo 161 de 1964 des Allemands Michael et Julius Pan. Et même si le classement général a un peu bougé, le poste de leader est toujours occupé par les Belges Michel Decremer et Jennifer Hugo, dans leur Opel Ascona aux couleurs de Radio Monte-Carlo.
Une chose est sûre, après la mise en bouche de samedi entre Monaco et Valence, cette édition 2024 a vraiment attiré la grande foule, ce dimanche en Ardèche et en Haute-Loire. Beaucoup de monde partout, dans les villages, au bord des routes, tous âges confondus, pour partager au soleil la passion du rallye à l’ancienne, avec des voitures qu’on peut toucher, des pilotes qu’on peut aborder facilement. Et aucun risque, grâce à l’organisation parfaite et les nombreux commissaires de l’Automobile Club de Monaco.
C’était un moment très attendu de ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique : le passage rituel à La Remise d’Antraigues-sur-Volane, ce dimanche vers midi, en plein cœur de l’Ardèche, pour fêter 60 années de fidélité au Rallye Monte-Carlo sous toutes ses formes.
Il y a déjà eu 60 années de petits plats gourmands et chaleureux offerts à 5 générations de pilotes, et donc 3 fois 20 ans de bonne humeur communicative ! Merci à Yves Jouanny et à toute sa famille, bien sûr, et merci pour ces tonnes de tarte aux pommes avalées depuis si longtemps ! D’ailleurs, dans l’entrée de La Remise, il y a toujours une véritable voiture à pédales des années 60, et plus exactement de 1964, pour commémorer l’année d’ouverture de La Remise.
Et comme Yves Jouanny ne recule jamais devant le moindre sacrifice pour marquer son alliance sacrée avec l’Automobile Club de Monaco, une portion de bitume, devant La Remise, a été peinte cette année en rouge et blanc, les couleurs traditionnelles de la Principauté…
Personne n’aurait pu le prévoir, mais c’est arrivé dimanche matin dans la SR5 du 26e Rallye Monte-Carlo Historique : une vénérable Citroën SM de 1972 a pointé à zéro, en ayant respecté parfaitement la moyenne imposée entre Lyas et Pourchères (19,8 km), pour la première spéciale 100% ardéchoise de cette édition 2024.
Les auteurs de cet exploit authentique ? Antoine Raymond et Gilles Olivier, qui sont assez expérimentés pour exploiter parfaitement le fameux moteur V6 Maserati (2,7 litres, 170 CV) de cette belle ancienne. Sur le podium de cette SR5, on trouve aussi un équipage grec, dans une Ford Fiesta XR2 de 1978, et deux équipages français dans des voitures allemandes, ex-aequo à la 3e place : David Arragon et Elodie Soubigou (BMW 320), Xavier Bernard et Werner Blanc (Porsche 924). Quant au leader du classement général après cette SR5 surprenante, c’est toujours le duo belge Decremer-Hugo dans son Opel Ascona.
Juste avant le départ de cette SR5, un contrôle horaire particulièrement festif avait été organisé par la mairie de Privas, en début de matinée. Un accueil digne de la réputation de convivialité ardéchoise, avec énormément de fans en plein soleil pour saluer et applaudir les quelque 220 équipages encore en lice. Et en partance pour La Remise d’Antraigues-sur-Volane, après la SR6…
Les fans craignaient l’abandon, sur problème mécanique, de l’équipage vedette Saby-Giraudet, dans la Ford Capri 2.6l portant le numéro 38. Ils ont d’abord réussi à arriver dimanche devant la mythique devanture de La Remise, à Antraigues sur Volane, et ont pu déguster la célèbre tarte aux pommes de la famille Jouanny, pour le 60e anniversaire de cet arrêt rituel sur la route du Monte-Carlo. Grâce à une réparation de fortune au niveau de sa transmission, la Capri…cieuse pouvait continuer à rêver ! Elle a même terminé, quelques heures plus tard, cette première journée de l’Etape Commune, en ayant bouclé sans encombre les quatre redoutables spéciales organisées en Ardèche et en Haute-Loire, devant une foule record.
“Coup de chapeau à mes mécanos !” a glissé Bruno Saby sous la tente d’arrivée, à Valence, dimanche soir. La réparation du matin, finalement miraculeuse, a en effet permis à la vénérable Capri de retrouver toute sa fougue, avec un nouvel objectif : atteindre mardi la Principauté pour participer à la dernière nuit, dans le Turini. Comme lors de la victoire de Bruno Saby en 1988, en WRC !
Dans les 221 équipages qui ont pris le départ de Valence dimanche matin, entre 8h00 et 11h40, pour la première partie de l’Etape Commune, il n’y a que des passionné(e)s, dont 15% de femmes, la plupart copilotes. Voici donc une galerie de portraits qui va continuer jusqu’à la fin de ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique…
Honneur aux dames, il n’y a qu’un seul équipage 100% féminin dans cette édition 2024. Il est composé de Barbara Hemmerle, venue du Liechtenchtein, et Isabelle Godin, dans une Alfa Romeo GTV de 1975 portant le numéro 100. Elles sont les mieux placées pour fêter dignement les 70 ans de la victoire de Madeleine Pochon et de Lise Renaud dans la Coupe des Dames du Rallye Monte-Carlo, en 1954.
Ils sont un couple à la ville et dans la voiture : Lydia et Olivier Campana, fidèles parmi les fidèles du Rallye Monte-Carlo, roulent cette semaine dans une VW Golf GTi de 1979 ornée du numéro 50. Inutile de préciser qu’ils visent mieux que la Coupe des meilleurs Monégasques !
Enfin, honneur aussi à l’un des grands anciens de cette 26e édition : l’Américain John Buffum a longtemps été le meilleur pilote de l’histoire du rallye US, jusqu’aux exploits à répétition du regretté cascadeur Ken Block. À près de 80 printemps, dans une très belle Ford Escort RS2000 de 1980, John renoue avec le Rallye Monte-Carlo qu’il termina en 19e position… en 1969 !
Le festival de la Belgique dans ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique a continué samedi dans la SR4, la dernière épreuve de régularité de cette belle journée de rallye au soleil. Grâce à l’Opel Ascona 400 de Michel Decremer et Jennifer Hugo, aux couleurs de Radio Monte-Carlo.
Ils ont été excellents toute la journée, et récompensés à la fin : le duo belge Decremer-Hugo a remporté la plus belle spéciale de la journée, dans le massif du Vercors, en passant par le col de l’Echarasson où pour la première fois du rallye, la neige a été aperçue. Mais pas sur la route, parfaitement sèche. Et il occupe samedi soir la première place du classement général !
Entre La Cîme du Mas et le Col Gaudissart (17,4 km), l’équipage de l’Ascona numéro 25 a fait un peu mieux que l’équipage de référence de ce rallye, constitué de Bruno Saby et Denis Giraudet, dans leur Ford Capri 2300 S de 1970. Une sacrée performance, vu le CV des deux hommes, l’un vainqueur du Monte-Carlo WRC, en 1988, et l’autre, un copilote de légende ayant navigué beaucoup des meilleurs pilotes de sa génération dans les plus grands rallyes du monde.
Dans cette spéciale de seigneurs, et dans un décor à couper le souffle, les places d’honneur ont été prises par la Renault 5 Alpine de Jean-Pierre Verneuil et Jean-Marc Piret, ex-aequo à la 3e place avec la Morris Mini Cooper S de Ferrucio et Carlo Nessi, et surtout par l’Alfa Romeo 2000 GTV des benjamins de cette 26e édition, Julien Picoreau et Camille Béal. Ils n’ont que 23 ans, tous les deux, donc ils n’étaient pas encore nés quand le Rallye Monte-Carlo Historique a été organisé pour la première fois.
Après un dernier contrôle horaire particulièrement festif, à partir de 17h00 à Saint-Jean-en-Royans, tous les concurrents rescapés sont arrivés sur le Champ de Mars à Valence, à partir de 18h30. Sauf pour quelques équipages ayant été obligés de jeter l’éponge en cours de route, en raison d’incidents mécaniques divers et variés, c’était une bien jolie journée de rallye historique.
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Cette année encore, les départements de la Drôme et de l’Ardèche s’appuient sur le formidable vecteur qu’est le Rallye Monte-Carlo Historique pour organiser un forum de rencontre “en présentiel” entre chercheurs d’emplois et près de 30 entreprises locales. Selon Sabine Chareyre (photo ci-dessus), cette initiative rencontre chaque année un véritable succès : déjà plus de 500 entretiens sur la première demi-journée, samedi matin à Valence !
La Belgique, très présente sur la liste des engagés du 26e Rallye Monte-Carlo Historique, s’est encore fait remarquer dans la SR3, samedi après-midi. Grâce à Maxime Castelein et Filip Deplancke, à bord d’une rarissime Sunbeam Tiger de 1964 portant le numéro 203. C’était la 2e victoire d’affilée, samedi, après celle de Jean-Christophe Henderickx et Karl Thybergin (Alfa Romeo) dans la SR2, en fin de matinée.
La récidive a eu lieu entre Ventavon et Chabestan (20,1 km), dans la première spéciale de régularité de l’après-midi, après la pause déjeuner bienvenue à Digne-les-Bains, la préfecture des Alpes de Haute-Provence. Le tandem Castelein-Deplancke a terminé à égalité, tout en haut de la feuille de temps, avec deux Italiens dans une Austin Mini Cooper S, Giorgio Schon et Francesco Gianmarino.
Dans le Top 5 de cette SR3, on a aussi trouvé une Renault 5 Alpine, celle de Patrice et William Lamotte, la Fiat 128 Rally d’un équipage grec, et surtout un autre équipage belge, dans une Opel Ascona 400 aux couleurs de Radio Monte-Carlo, déjà repérée par une 3e place ex-aequo dans la SR1 : Michel Decremer et Jennifer Hugo (voir photo ci-dessus), grands amateurs eux aussi du Rallye Monte-Carlo Historique.
Trois voitures italiennes dans le Top 4 de la SR2. Dans la foulée de la Lancia Fulvia victorieuse de la SR1, les couleurs de la péninsule ont encore brillé dans la SR2 entre Chaudon-Norante et Digne-les-Bains (15,9 km), via le redoutable Col du Corobin (1211 m). La même spéciale que pour les concurrents du WRC, dimanche dernier en rentrant vers Monaco, et donc en sens inverse.
C’est Alfa Romeo qui a brillé dans la SR2, grâce à la GT 1300 Junior de 1968 engagée par les Belges Jean-Christophe Henderickx et Karl Thybergin, avec le numéro 235. Elle n’a écopé que de 30 points de pénalité, c’est très peu, sur cette spéciale très compliquée à négocier. Et c’était un peu mieux que l’Alfa Romeo 2000 GTV des benjamins du rallye (23 ans tous les deux) Julien Picoreau et Camille Béal (voir photo ci-dessous), ex-aequo à la 2e place avec encore une autre Lancia Fulvia et une BMW 323i.
Comme les deux premières SR de cette Etape de Classement avaient eu lieu dans les Alpes-de-Haute-Provence, c’est dans la préfecture du département 04, à Digne-les-Bains, que les équipages ont pu se reposer et se restaurer, sur le coup de midi. Et là encore le Rallye Monte-Carlo Historique a fait le plein de spectateurs, prouvant une fois de plus son immense popularité. Avant de partir vers les deux autres SR à parcourir l’après-midi en remontant vers Valence…
Il y avait énormément de monde au bord des routes, samedi matin, pour le début de l’Etape de Classement du 26e Rallye Monte-Carlo Historique entre Monaco et Valence. Le soleil était radieux, les voitures superbes, et les amateurs ont été comblés par un défilé inouï, pendant plus de trois heures, de tous les bolides ayant écrit, spéciale après spéciale, année après année, la légende du Monte-Carlo. Et comme par hasard, c’est une Lancia Fulvia qui a ouvert le bal, histoire de prendre le relais de la Lancia Fulvia victorieuse l’an dernier.
Il y en avait pour tous les goûts, avec plus de 220 voitures sorties entre 1911 et 1983 des chaînes de fabrication des plus grands constructeurs. Et le hors-d’œuvre a été particulièrement réussi : la magnifique SR1, soit 15,9 km entre Soleilhas et Castellane, en surplomb du lac de Chaudanne.
Au petit jeu de la régularité, c’est un équipage italien, constitué de Fabio Loperfido et Simone Calosi, qui a réussi la moyenne la plus proche de celle fixée par les organisateurs. C’était dans la Lancia Fulvia 1.3 portant le numéro 243, partie de Monaco plus de trois heures après une autre Fulvia, la numéro 1 des tenants du titre, les Suisses Claudio Enz et Cristina Seeberger.
A égalité avec la Lancia dans cette SR1, avec 50 points de pénalité seulement, la surprise est venue d’un équipage letton, Karlis Mikelsons et Normunds Vuguls, dans une Mazda RX7 de 1979, devant l’Opel Ascona 400 des Belges Michel Decremer et Jennifer Hugo, ex-aequo à la 3e place avec la Fiat 128 Rally d’un équipage grec.
Enfin, last but not least, comme disent les Anglais, deux citoyens britanniques, David Pengilly et Mark Denham, embarqués dans la Porsche 911 numéro 89, ont pris le départ de cette étape en costume et nœud papillon. Très classe.