Personne n’aurait pu le prévoir, mais c’est arrivé dimanche matin dans la SR5 du 26e Rallye Monte-Carlo Historique : une vénérable Citroën SM de 1972 a pointé à zéro, en ayant respecté parfaitement la moyenne imposée entre Lyas et Pourchères (19,8 km), pour la première spéciale 100% ardéchoise de cette édition 2024.
Les auteurs de cet exploit authentique ? Antoine Raymond et Gilles Olivier, qui sont assez expérimentés pour exploiter parfaitement le fameux moteur V6 Maserati (2,7 litres, 170 CV) de cette belle ancienne. Sur le podium de cette SR5, on trouve aussi un équipage grec, dans une Ford Fiesta XR2 de 1978, et deux équipages français dans des voitures allemandes, ex-aequo à la 3e place : David Arragon et Elodie Soubigou (BMW 320), Xavier Bernard et Werner Blanc (Porsche 924). Quant au leader du classement général après cette SR5 surprenante, c’est toujours le duo belge Decremer-Hugo dans son Opel Ascona.
Juste avant le départ de cette SR5, un contrôle horaire particulièrement festif avait été organisé par la mairie de Privas, en début de matinée. Un accueil digne de la réputation de convivialité ardéchoise, avec énormément de fans en plein soleil pour saluer et applaudir les quelque 220 équipages encore en lice. Et en partance pour La Remise d’Antraigues-sur-Volane, après la SR6…
Les fans craignaient l’abandon, sur problème mécanique, de l’équipage vedette Saby-Giraudet, dans la Ford Capri 2.6l portant le numéro 38. Ils ont d’abord réussi à arriver dimanche devant la mythique devanture de La Remise, à Antraigues sur Volane, et ont pu déguster la célèbre tarte aux pommes de la famille Jouanny, pour le 60e anniversaire de cet arrêt rituel sur la route du Monte-Carlo. Grâce à une réparation de fortune au niveau de sa transmission, la Capri…cieuse pouvait continuer à rêver ! Elle a même terminé, quelques heures plus tard, cette première journée de l’Etape Commune, en ayant bouclé sans encombre les quatre redoutables spéciales organisées en Ardèche et en Haute-Loire, devant une foule record.
“Coup de chapeau à mes mécanos !” a glissé Bruno Saby sous la tente d’arrivée, à Valence, dimanche soir. La réparation du matin, finalement miraculeuse, a en effet permis à la vénérable Capri de retrouver toute sa fougue, avec un nouvel objectif : atteindre mardi la Principauté pour participer à la dernière nuit, dans le Turini. Comme lors de la victoire de Bruno Saby en 1988, en WRC !
Dans les 221 équipages qui ont pris le départ de Valence dimanche matin, entre 8h00 et 11h40, pour la première partie de l’Etape Commune, il n’y a que des passionné(e)s, dont 15% de femmes, la plupart copilotes. Voici donc une galerie de portraits qui va continuer jusqu’à la fin de ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique…
Honneur aux dames, il n’y a qu’un seul équipage 100% féminin dans cette édition 2024. Il est composé de Barbara Hemmerle, venue du Liechtenchtein, et Isabelle Godin, dans une Alfa Romeo GTV de 1975 portant le numéro 100. Elles sont les mieux placées pour fêter dignement les 70 ans de la victoire de Madeleine Pochon et de Lise Renaud dans la Coupe des Dames du Rallye Monte-Carlo, en 1954.
Ils sont un couple à la ville et dans la voiture : Lydia et Olivier Campana, fidèles parmi les fidèles du Rallye Monte-Carlo, roulent cette semaine dans une VW Golf GTi de 1979 ornée du numéro 50. Inutile de préciser qu’ils visent mieux que la Coupe des meilleurs Monégasques !
Enfin, honneur aussi à l’un des grands anciens de cette 26e édition : l’Américain John Buffum a longtemps été le meilleur pilote de l’histoire du rallye US, jusqu’aux exploits à répétition du regretté cascadeur Ken Block. À près de 80 printemps, dans une très belle Ford Escort RS2000 de 1980, John renoue avec le Rallye Monte-Carlo qu’il termina en 19e position… en 1969 !
Le festival de la Belgique dans ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique a continué samedi dans la SR4, la dernière épreuve de régularité de cette belle journée de rallye au soleil. Grâce à l’Opel Ascona 400 de Michel Decremer et Jennifer Hugo, aux couleurs de Radio Monte-Carlo.
Ils ont été excellents toute la journée, et récompensés à la fin : le duo belge Decremer-Hugo a remporté la plus belle spéciale de la journée, dans le massif du Vercors, en passant par le col de l’Echarasson où pour la première fois du rallye, la neige a été aperçue. Mais pas sur la route, parfaitement sèche. Et il occupe samedi soir la première place du classement général !
Entre La Cîme du Mas et le Col Gaudissart (17,4 km), l’équipage de l’Ascona numéro 25 a fait un peu mieux que l’équipage de référence de ce rallye, constitué de Bruno Saby et Denis Giraudet, dans leur Ford Capri 2300 S de 1970. Une sacrée performance, vu le CV des deux hommes, l’un vainqueur du Monte-Carlo WRC, en 1988, et l’autre, un copilote de légende ayant navigué beaucoup des meilleurs pilotes de sa génération dans les plus grands rallyes du monde.
Dans cette spéciale de seigneurs, et dans un décor à couper le souffle, les places d’honneur ont été prises par la Renault 5 Alpine de Jean-Pierre Verneuil et Jean-Marc Piret, ex-aequo à la 3e place avec la Morris Mini Cooper S de Ferrucio et Carlo Nessi, et surtout par l’Alfa Romeo 2000 GTV des benjamins de cette 26e édition, Julien Picoreau et Camille Béal. Ils n’ont que 23 ans, tous les deux, donc ils n’étaient pas encore nés quand le Rallye Monte-Carlo Historique a été organisé pour la première fois.
Après un dernier contrôle horaire particulièrement festif, à partir de 17h00 à Saint-Jean-en-Royans, tous les concurrents rescapés sont arrivés sur le Champ de Mars à Valence, à partir de 18h30. Sauf pour quelques équipages ayant été obligés de jeter l’éponge en cours de route, en raison d’incidents mécaniques divers et variés, c’était une bien jolie journée de rallye historique.
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Cette année encore, les départements de la Drôme et de l’Ardèche s’appuient sur le formidable vecteur qu’est le Rallye Monte-Carlo Historique pour organiser un forum de rencontre “en présentiel” entre chercheurs d’emplois et près de 30 entreprises locales. Selon Sabine Chareyre (photo ci-dessus), cette initiative rencontre chaque année un véritable succès : déjà plus de 500 entretiens sur la première demi-journée, samedi matin à Valence !
La Belgique, très présente sur la liste des engagés du 26e Rallye Monte-Carlo Historique, s’est encore fait remarquer dans la SR3, samedi après-midi. Grâce à Maxime Castelein et Filip Deplancke, à bord d’une rarissime Sunbeam Tiger de 1964 portant le numéro 203. C’était la 2e victoire d’affilée, samedi, après celle de Jean-Christophe Henderickx et Karl Thybergin (Alfa Romeo) dans la SR2, en fin de matinée.
La récidive a eu lieu entre Ventavon et Chabestan (20,1 km), dans la première spéciale de régularité de l’après-midi, après la pause déjeuner bienvenue à Digne-les-Bains, la préfecture des Alpes de Haute-Provence. Le tandem Castelein-Deplancke a terminé à égalité, tout en haut de la feuille de temps, avec deux Italiens dans une Austin Mini Cooper S, Giorgio Schon et Francesco Gianmarino.
Dans le Top 5 de cette SR3, on a aussi trouvé une Renault 5 Alpine, celle de Patrice et William Lamotte, la Fiat 128 Rally d’un équipage grec, et surtout un autre équipage belge, dans une Opel Ascona 400 aux couleurs de Radio Monte-Carlo, déjà repérée par une 3e place ex-aequo dans la SR1 : Michel Decremer et Jennifer Hugo (voir photo ci-dessus), grands amateurs eux aussi du Rallye Monte-Carlo Historique.
Trois voitures italiennes dans le Top 4 de la SR2. Dans la foulée de la Lancia Fulvia victorieuse de la SR1, les couleurs de la péninsule ont encore brillé dans la SR2 entre Chaudon-Norante et Digne-les-Bains (15,9 km), via le redoutable Col du Corobin (1211 m). La même spéciale que pour les concurrents du WRC, dimanche dernier en rentrant vers Monaco, et donc en sens inverse.
C’est Alfa Romeo qui a brillé dans la SR2, grâce à la GT 1300 Junior de 1968 engagée par les Belges Jean-Christophe Henderickx et Karl Thybergin, avec le numéro 235. Elle n’a écopé que de 30 points de pénalité, c’est très peu, sur cette spéciale très compliquée à négocier. Et c’était un peu mieux que l’Alfa Romeo 2000 GTV des benjamins du rallye (23 ans tous les deux) Julien Picoreau et Camille Béal (voir photo ci-dessous), ex-aequo à la 2e place avec encore une autre Lancia Fulvia et une BMW 323i.
Comme les deux premières SR de cette Etape de Classement avaient eu lieu dans les Alpes-de-Haute-Provence, c’est dans la préfecture du département 04, à Digne-les-Bains, que les équipages ont pu se reposer et se restaurer, sur le coup de midi. Et là encore le Rallye Monte-Carlo Historique a fait le plein de spectateurs, prouvant une fois de plus son immense popularité. Avant de partir vers les deux autres SR à parcourir l’après-midi en remontant vers Valence…
Il y avait énormément de monde au bord des routes, samedi matin, pour le début de l’Etape de Classement du 26e Rallye Monte-Carlo Historique entre Monaco et Valence. Le soleil était radieux, les voitures superbes, et les amateurs ont été comblés par un défilé inouï, pendant plus de trois heures, de tous les bolides ayant écrit, spéciale après spéciale, année après année, la légende du Monte-Carlo. Et comme par hasard, c’est une Lancia Fulvia qui a ouvert le bal, histoire de prendre le relais de la Lancia Fulvia victorieuse l’an dernier.
Il y en avait pour tous les goûts, avec plus de 220 voitures sorties entre 1911 et 1983 des chaînes de fabrication des plus grands constructeurs. Et le hors-d’œuvre a été particulièrement réussi : la magnifique SR1, soit 15,9 km entre Soleilhas et Castellane, en surplomb du lac de Chaudanne.
Au petit jeu de la régularité, c’est un équipage italien, constitué de Fabio Loperfido et Simone Calosi, qui a réussi la moyenne la plus proche de celle fixée par les organisateurs. C’était dans la Lancia Fulvia 1.3 portant le numéro 243, partie de Monaco plus de trois heures après une autre Fulvia, la numéro 1 des tenants du titre, les Suisses Claudio Enz et Cristina Seeberger.
A égalité avec la Lancia dans cette SR1, avec 50 points de pénalité seulement, la surprise est venue d’un équipage letton, Karlis Mikelsons et Normunds Vuguls, dans une Mazda RX7 de 1979, devant l’Opel Ascona 400 des Belges Michel Decremer et Jennifer Hugo, ex-aequo à la 3e place avec la Fiat 128 Rally d’un équipage grec.
Enfin, last but not least, comme disent les Anglais, deux citoyens britanniques, David Pengilly et Mark Denham, embarqués dans la Porsche 911 numéro 89, ont pris le départ de cette étape en costume et nœud papillon. Très classe.
Sur les 233 équipages autorisés à participer au 26e Rallye Monte-Carlo Historique, 225 sont arrivés à bon port, vendredi à Monaco, mais huit ont dû abandonner en chemin. La plupart épuisés, au bout d’un périple bien plus long que prévu, sur certaines routes très chargées. Ce Parcours de Concentration n’en finissait plus, surtout pour les derniers arrivés : les cinq valeureux équipages partis de Glasgow, mercredi, ont eu plus de 2000 km à parcourir, il leur a fallu deux jours entiers. Tous les autres, partis jeudi de Bad Hombourg (Allemagne), Milan (Italie) et Reims, ont mis en moyenne 24 heures, nuit comprise, pour boucler de 900 à 1200 km, selon la ville de départ choisie.
Croisée vendredi dans le parc fermé du port de Monaco, Patricia Lambert était déjà là lors de la toute première édition. Elle est embarquée cette année dans une petite Fiat Moretti 850 S de 1968 qui porte le numéro 220 et les couleurs d’une association de lutte contre le cancer. Son pilote, belge comme elle, s’appelle Didier Lodewyckx. Et comme la plupart des équipages enfin arrivés vendredi en Principauté, Patricia était « très heureuse de voir la mer”, en attendant la suite…
La suite, c’est dès samedi matin, à partir de 7h00, l’Etape de Classement entre Monaco et Valence, ville-étape inamovible et incontestée du Rallye Monte-Carlo Historique. Il y aura quatre Spéciales de Régularité (SR) à disputer, avec en guise de hors d’œuvre la magnifique SR1 « Soleilhas – Castellane (15,9 km) », puis la SR2 « Chaudon Norante – Digne-les-Bains (15,9 km) » via le redoutable Col de Corobin (1211 m), avant la pause de midi dans la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence.
Il faudra alors remonter vers Valence, l’après-midi, via la SR3 « Ventavon – Chabestan (20,1 km) », puis traverser le massif du Vercors avec au menu la SR 4 « La Cîme du Mas – Col de Gaudissart (17,4 km) ». Le dernier contrôle horaire est prévu à Saint-Jean-en-Royans, vers 17h00, puis tous les concurrents sont attendus sur le Champ de Mars à Valence à partir de 18h30. Une sacrée journée en perspective.
Trois villes d’Europe, Bad Hombourg, Milan et Reims, pour plus de 200 équipages engagés dans le 26e Rallye Monte-Carlo Historique, le lendemain des cinq premiers départs mercredi, de Glasgow. On peut dire que cette 26e édition a vraiment démarré ce jeudi, avec plusieurs centaines de kilomètres à négocier sur le Parcours de Concentration pour toutes ces superbes voitures. Un seul objectif, Monaco, vendredi après-midi…
Dans un rallye où sont engagées cette année 43 marques et des pilotes de 29 nationalités, la liste des engagés est une véritable tour de Babel. Ils ont d’abord été une quinzaine à partir en début d’après-midi de Bad-Hombourg, tout près de Wiesbaden et Mayence. Avec en vedettes une Volvo 544 Sport de 1961 et l’Autobianchi A112 d’un équipage ukrainien, mais aussi une Polski Fiat 125 alignée par des Polonais, des Porsche et des Volkswagen.
En fin d’après-midi, la Lancia Fulvia 1.3S des Suisses Claudio Enz et Cristina Seeberger, victorieuse l’an dernier, a été la première à s’élancer de Milan, avec sur ses portières le numéro 1. Elle était bien accompagnée, puisque 130 autres concurrents ont été autorisés à partir de Milan, après les vérifications techniques d’usage, pour des voitures toutes “nées” entre 1911 et 1983. Cela fait plus de la moitié de l’effectif, avec deux fois moins de km à parcourir, pour rejoindre le port de Monaco, que les cinq équipages partis mercredi de Glasgow.
De Milan, par un temps gris et frais, dans le décor somptueux de la Piazza del Duomo, sont également partis Maurizio Colpani et Claudio Quarantani, à bord d’une superbe Ferrari 308 GTB de 1981. Il y en avait vraiment pour tous les goûts avec aussi Ludovic de Luca et Fabien Moinier dans un petit Coupé 104 ZS de chez Peugeot, datant de 1976, des Porsche, une Alfetta GTV, une R5 Alpine, et même une antique Volga de 1961 !
C’est aussi de Milan qu’est parti Bruno Saby, vainqueur en 1988 du rallye en version championnat du monde dans une Lancia Delta HF aux couleurs du Martini Racing. Avec sur les portières de sa Ford Capri 2.3S de 1970, qu’il avait déjà pilotée l’an dernier, le numéro 38, celui de son département natal, l’Isère, et dans le baquet de droite un sacré copilote, Denis Giraudet.
Tous ces départs ont été rendus possibles par l’implication des bénévoles des Automobile Clubs d’Allemagne (AVD) et d’Italie (ACI), de l’association Reims Champagne Véhicules Historiques Sportifs (RCVHS) et tous les envoyés spéciaux de l’ACM.
Enfin, la plupart des équipages franco-français ont choisi de partir de Reims, où le Rallye Monte-Carlo Historique est toujours aussi populaire. Ils étaient plus de 80 à s’élancer de la capitale du Champagne, la plupart rêvant bien sûr de déguster une coupe de Champagne dans moins d’une semaine, mercredi à la soirée de gala de ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique.
Ce sera dans la Salle des Etoiles du Sporting Monte-Carlo. Mais avant cela, il y a des centaines de kilomètres à parcourir, de samedi matin (début de l’Etape de Classement) à mardi soir (Etape Finale autour du Col de Turini), en tentant de respectant les moyennes calculées et imposées par les organisateurs. Une fois de plus, et vu la qualité du plateau réuni cette année (233 voitures autorisées à prendre le départ, très exactement), le suspense sera total, jusqu’au bout.
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