Ce Rallye Monte-Carlo 2026 a été l’un des plus exigeants de ces dernières années. Entre neige, glace, pluie, brouillard et boue, les pilotes ont fait face à des conditions extrêmes tout au long de cette 94e édition. Et c’est finalement l’équipage Solberg / Edmondson qui s’en est le mieux sorti.
En s’élançant jeudi depuis le Port Hercule de Monaco, les 66 engagés du Rallye Monte-Carlo 2026 s’attendaient à rencontrer des conditions difficiles. Mais peut-être pas à ce point là. « C’est le rallye le plus difficile de ma vie ! » Même Oliver Solberg, vainqueur du Rallye Monte-Carlo, l’a affirmé.
Ce 94e Monte-Carlo a d’abord commencé dans la nuit et le brouillard, qui a contraint la direction de course à arrêter l’ES3 pour des raisons de sécurité. Ensuite, les journées du vendredi et samedi ont été animées par la neige, la glace et la boue, rendant les routes piégeuses pour de nombreux pilotes.
Puis le samedi soir, l’un des événements marquants de cette édition 2026 : la Super-Spéciale, tracée sur le Circuit de Monaco. Remportée par Adrien Fourmaux et Alexandre Coria sous un déluge, elle a permis à plus de 20 000 spectateurs de voir de leurs propres yeux une spéciale de rallye, dans un cadre d’exception.
Et le dimanche, avec le mythique Col de Turini, enneigé pour l’occasion, et emprunté à deux reprises par les concurrents. Grâce aux conditions de routes changeantes, une Rally3 (la Ford Fiesta de Matteo Fontana et Alessandro Arnaboldi) a remporté deux spéciales consécutives : un Monte-Carlo fou, du début à la fin.
« Je ne réalise pas encore ce qui se passe. C’est une journée chargée en émotions. » Tout juste vainqueur du Rallye Monte-Carlo, Oliver Solberg ne se rend pas compte de son exploit. Même son père, Petter, champion du monde en 2003, n’a jamais réussi cette performance. « C’est très émouvant, ça a été extrêmement exigeant et j’étais tellement stressé. Je veux simplement adresser un immense merci à Toyota pour leur confiance et leur soutien. Le travail d’équipe a été exceptionnel. » Avec ce succès, Oliver est devenu le plus jeune pilote à triompher au Monte-Carlo depuis… 1937.
L’équipage Solberg / Edmondson a totalement maîtrisé son week-end, en dominant la concurrence de la tête et des épaules. Chez Toyota, Elfyn Evans / Scott Martin (2e) et Sébastien Ogier / Vincent Landais (3e) n’ont rien pu faire face à la fougue du pilote suédois.
Pour Sébastien Ogier, ce rallye a été plus compliqué qu’escompté. Pour la première fois depuis 2012, le nonuple champion du monde ne débute pas sa saison en montant sur l’une des deux premières marches du podium. « Ça a été un week-end difficile. Je suis surtout heureux d’être à nouveau sur le podium. Quinze fois en dix-sept participations… je peux être fier de ça », a-t-il relativisé à l’arrivée de la Power Stage.
Entre l’accident de Yohan Rossel / Arnaud Dunand (ES1) et la sortie de route de Nikolay Gryazin / Konstantin Aleksandrov (ES12), Lancia n’a pas célébré son retour en championnat du monde comme elle l’aurait souhaité. Et pourtant, la performance était présente pour le constructeur italien, avec 9 spéciales remportées en WRC2 (7 pour Rossel, 2 pour Gryazin). Yohan Rossel se retrouve même 8e au championnat du monde des rallyes grâce aux points inscrits lors du “Super Sunday”.
Lancia hors-course pour la victoire finale, Léo Rossel / Guillaume Mercoiret (Citroën) en ont profité pour dominer le WRC2. D’autres Français se sont aussi illustrés en remportant leurs catégories : Eric Royère / Alexis Grenier (Ford) en WRC3, et Christophe Berard / Christophe Bernabo (Alpine) en RGT.
Malgré les mauvaises conditions, tous les pilotes ont apprécié le parcours et l’organisation de ce 94e Monte-Carlo. Entre les paysages fabuleux, les superbes routes empruntées ou encore la spectaculaire Super-Spéciale, il y en a eu pour tous les goûts. Le succès populaire a été au rendez-vous, que ce soit dans les départements français visités ou en pleine Principauté de Monaco.
Grâce au travail exemplaire des commissaires de l’ACM, ainsi qu’au dévouement de tous les bénévoles, le Rallye Monte-Carlo s’est une nouvelle fois parfaitement déroulé. Il s’affirme toujours plus comme un monument du sport automobile, qui nous réserve sans aucun doute d’autres belles éditions…