Inaugurée le 30 juin et ouverte au public jusqu’au 6 septembre 2026 au Grimaldi Forum, l’exposition Monaco & l’Automobile rend hommage à plus de 130 ans d’histoire automobile. À travers deux articles, on vous invite à découvrir quelques-uns des véhicules les plus emblématiques de l’exposition qui ont marqué les épreuves de l’Automobile Club de Monaco. Dans cette seconde partie, place à cinq légendes du Grand Prix de Monaco !
Parmi les 53 véhicules réunis dans l’exposition Monaco & l’automobile, de 1893 à nos jours, plusieurs ont contribué à écrire la légende du Grand Prix de Monaco. Voici une liste non exhaustive de cinq voitures mythiques de l’épreuve à découvrir au Grimaldi Forum.
C’est une véritable pièce d’histoire, la plus ancienne voiture de Grand Prix de l’exposition. La Bugatti 35B est la voiture avec laquelle William Grover-Williams, dit « Williams », remporte le tout premier Grand Prix de Monaco, le 14 avril 1929. Organisée par Antony Noghès, avec le soutien du prince Louis II et du pilote Louis Chiron, la course est disputée par 16 voitures qui s’élancent dans les rues de la Principauté. Au bout des 100 tours de course et de près de 4 heures d’efforts, Williams s’impose devant la Bugatti 35C de Bouriano.
D’origine bleue, la Bugatti 35B de Williams, pilote sous licence britannique, était peinte en British Racing Green (vert foncé), couleur nationale de la Grande-Bretagne en compétition automobile. Elle sera par la suite repeinte en bleu par son propriétaire, comme vous pourrez le constater en visitant l’exposition.
D’abord pilote, William Grover-Williams sera ensuite un héros de la Résistance. Durant la Seconde Guerre Mondiale, il travaille pour le Special Operations Executive sur le territoire français. Mais il sera arrêté et emprisonné au camp de Sachsenhausen en août 1943, avant d’y être exécuté en mars 1945.
Avec la Lotus 49B, Colin Chapman et Maurice Philippe marquent une double révolution : le moteur Ford-Cosworth DFV (double four valve, ou double quatre soupapes) porteur de la structure, et les premières couleurs d’un sponsor tabac en F1. C’est avec cette voiture que Graham Hill remporte le Grand Prix de Monaco en 1968 et 1969. Le double champion du monde britannique signe en 1969 sa 5e et dernière victoire en Principauté.
La Lotus 49B devient donc la première monoplace d’une écurie officielle à arborer une livrée aux couleurs d’un cigarettier. Selon la coutume américaine, le nom et les couleurs du sponsor remplacent les traditionnelles couleurs nationales. Les Lotus abandonnent donc le vert britannique pour revêtir cette livrée rouge, dorée et blanche aux couleurs de Gold Leaf.
Conçue par l’ingénieur Mauro Forghieri, la Ferrari 126 CK offre à Gilles Villeneuve sa victoire à Monaco le 31 mai 1981. Le même châssis, présenté dans cette exposition, s’impose de nouveau au Grand Prix d’Espagne, disputé sur le circuit de Jarama. Cette monoplace marque surtout un tournant dans l’histoire de la Scuderia : pour la première fois depuis son retour en Championnat du Monde, Ferrari délaisse son V12 au profit d’un V6 turbocompressé.
Le pilote canadien, véritable figure de la F1 et adoré pour son style spectaculaire, meurt tragiquement le 8 mai 1982 lors des qualifications du Grand Prix de Belgique. Seulement un an après sa victoire à Monaco, le monde du sport automobile perd l’un de ses plus grands pilotes.
Prêtée personnellement par Sebastian Vettel, grand admirateur d’Ayrton Senna, cette voiture est l’une des pièces maîtresses de l’exposition. La McLaren MP4/8 est la monoplace avec laquelle Ayrton Senna remporte son 6e Grand Prix de Monaco en 1993, s’offrant le record de 5 victoires de Graham Hill. À l’époque, le Brésilien court avec un contrat course par course d’environ un million de dollars par Grand Prix.
Malgré le déficit de son moteur Ford-Cosworth HBD7 V8, notamment face au V10 Renault des Williams, Senna parvient à remporter cinq manches du Championnat du Monde 1993 : Brésil, Europe, Monaco, Japon et Australie. Grâce à ces résultats, il termine vice-champion du monde derrière Alain Prost (Williams).
Au fil des années, Ayrton Senna est devenu indissociable du circuit monégasque. Ses 6 victoires, son charisme et son style de pilotage spectaculaire ont fait de lui la référence absolue du Grand Prix de Monaco.
Après les titres mondiaux de 2005, Renault lance en 2006 sa Renault R26. Elle s’inscrit dans la continuité de la R25 avec un développement agressif, marqué notamment par l’adoption d’un tout nouveau moteur. Avec cette monoplace, Fernando Alonso remporte le Grand Prix de Monaco 2006 devant Juan Pablo Montoya (McLaren) et David Coulthard (Red Bull).
Le week-end fut également marqué par une polémique lors des qualifications. Dans son dernier tour de Q3, Michael Schumacher (Ferrari), alors en pole position virtuelle, s’arrête intentionnellement à la Rascasse, créant un drapeau jaune et anéantissant les chances des autres pilotes. Le pilote allemand est finalement disqualifié : Fernando Alonso hérite de la pole position devant Mark Webber et Kimi Räikkönen.
Le pari de Renault aura donc été payant, puisque la firme française et Fernando Alonso remporteront les titres mondiaux constructeurs et pilotes. La monoplace exposée, attitrée au pilote espagnol toute la saison, est aujourd’hui conservée dans les collections Renault Heritage en Île-de-France.
En mention honorable, n’oublions pas la Ferrari SF-24 de Charles Leclerc, monoplace avec laquelle il a remporté son Grand Prix à domicile le 26 mai 2024. 93 ans après Louis Chiron, il est devenu le deuxième pilote monégasque de l’histoire à y parvenir. Parti depuis la pole position, Leclerc a dominé la course et a franchi la ligne en vainqueur, devant un public de la Principauté en liesse.
Ces monoplaces ne représentent qu’une partie des 53 véhicules réunis dans l’exposition Monaco & l’Automobile. Rendez-vous au Grimaldi Forum pour découvrir l’ensemble de cette collection exceptionnelle et revivre plus de 130 ans d’histoire automobile.
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