Quatre jours seulement après l’arrivée du 93e Rallye Monte-Carlo en version moderne (WRC), et donc la 10e victoire (record absolu) de Sébastien Ogier, dans une Toyota Yaris, c’est un voyage dans le passé que propose à partir de jeudi le 27e Rallye Monte-Carlo Historique : 220 équipages embarqués dans des voitures de 34 marques automobiles différentes, même si certaines sont aujourd’hui dans le même groupe. Sur un parcours constitué, comme d’habitude, d’une majorité de spéciales de régularité (SR) où la légende du « Monte-Carl’ » a été écrite, depuis près d’un siècle. Et avec un parcours de concentration pour commencer, comme à la grande époque.
Quatre villes de départ accueillent jeudi pour un départ symbolique, à l’ancienne, des 220 équipages venus de toute l’Europe, pays baltes compris, d’Ukraine, de Suisse et même des Etats-Unis (25 nationalités représentées au total). Ils seront 16 sur la rampe de départ à Bad Hombourg (Allemagne) à partir de 14h, puis 65 à Reims et 86 à Monaco, à partir de 18h, et enfin 53 à Turin, à 19h, dont le président de l’Automobile Club d’Italie, Giovanni Sticchi Damiani, avec le numéro 1 sur les portières de sa Lancia 124 Abarth de 1975.
Leur destination commune ? La place du Champ de Mars à Valence, préfecture du département de la Drôme et traditionnelle ville étape que les premiers concurrents atteindront le vendredi 31 janvier dans l’après-midi. Sur la liste des engagés de cette édition 2025, il y a cinq équipages d’anciens vainqueurs, à commencer par les tenants du titre, les Belges Michel Decremer et Jennifer Hugo, qui ont troqué leur Opel Ascona 400 de l’an dernier pour une Alfa Romeo Giulia TI de 1965. Ils partiront de Reims, tout près du Plat Pays, avec le numéro 200, plutôt que le numéro 1 auquel ils avaient droit. A cela une raison : ils ont fait l’incroyable pari de partir en moyenne basse, la plus difficile à respecter, pour relever un impossible défi…
Plusieurs anciens vainqueurs…
Les autres anciens vainqueurs engagés cette année sont Henrik Bjerregaard et Jaromir Svec (2022), dans une Ford Escort RS2000 MkII de 1979, Claudio Enz et Cristina Seeberger (2023) dans une Lancia Fulvia Coupe 1.3 s de 1970, et même un triple vainqueur, José Lareppe (2010, 2012, 2014), copilote de son fils Patrick dans une Opel Ascona de 1975. Quant à Sébastien Chol, le copilote de Ludovic de Luca dans une petite Peugeot 104 ZS de 1976, il avait remporté l’édition 2013 dans le baquet de droite de Gérard Brianti.
Au rayon grands noms et palmarès à rallonge, ce 27e opus du RMCH a aussi fait le plein. Jugez plutôt : Luis Climent Asensio (BMW 323i, 1981), Champion d’Espagne des Rallyes en 1996 ; Raymond Durand (Opel Kadett GTE, 1977), double vainqueur du Rallye Monte-Carlo des Energies Nouvelles (2009, 2011) ; Maurizio Verini (Alfa-Roméo Giulietta, 1982), le Champion d’Europe des Rallyes en 1975. Quant à l’Américain John Buffum, une autre légende vivante (Ford Escort RS2000, 1980), il a été 11 fois Champion des États-Unis des Rallyes. Autre champion engagé, Sébastien Chardonnet (Ford Escort 2000, 1981), le fils de l’ancien importateur de Lancia en France, celui qui avait engagé au Monte-Carlo la Stratos bleue de Bernard Darniche, victorieuse en 1979. Sébastien a remporté le titre mondial en catégorie WRC3, en 2013. Et puisqu’on parle de Lancia, comment ne pas souligner que Bruno Saby est de retour, comme l’an dernier, au volant d’une Ford Capri 2300 S de 1970. Bruno avait remporté le Monte-Carlo en 1988, dans une Lancia Delta HF dont tout le monde se souvient, aux couleurs du Martini Racing.
VIPs et voitures mythiques…
Quelques VIPs sont au départ cette semaine, ainsi que 7 équipages féminins. L’ex-chef étoilé Michel Chabran, qui a passé le relais à son fils Louis, a désormais le temps de participer au Rallye Monte-Carlo Historique, donc il va en profiter, au volant d’une BMW 323i de 1979, associé à Jules Chabran. Olivier et Lydia Campana (VW Golf GTI, 1979) ont reçu plusieurs fois la Coupe de l’ACM réservée à l’équipage monégasque le mieux classé. Et Jean-Marc Finot, le directeur de Stellantis Motosport, a repris le flambeau de son ancien pdg, Carlos Tavares, pour défendre les couleurs de son groupe au volant d’un Coupé Alfa Romeo 2000 GTV de 1973, associé à Xavier Pontheaux.
Comme c’est un Rallye Monte-Carlo Historique, la liste des 34 marques représentées a de quoi inciter les spectateurs de tous âges à venir nombreux au bord des routes, pendant une semaine. En plus d’une myriade de Lancia, en phase avec la Stratos de l’affiche officielle, celle de Sandro Munari en 1977, il y aura comme chaque année des Porsche, des Alfa-Romeo, des Opel, des Renault, une quantité de berlinettes Alpine, des Volkswagen, des Fiat, des BMW et des Mini. Avis aux amateurs !
Comme chaque année, Valence, capitale de la Drôme, sera le QG du rallye jusqu’au départ pour Monaco, mardi. Et beaucoup de villes et villages, dans les nombreux départements traversés, organiseront des buffets ou des goûters particulièrement festifs. En comptant le parcours de concentration, près de 500 communes seront traversées. Que la fête commence !
Demandez le programme !
Samedi 1er février, Etape de Classement, 1ère partie :
Dimanche 2 février, Etape de Classement, 2e partie :
Lundi 3 février, Etape Commune, 1ère partie :
Mardi 4 février, Etape Commune, 2e partie :
Retour à Monaco – Départ à 21h00 de l’Etape Finale :
Mercredi 5 février :
Après la publication du pré-règlement début septembre, le Comité d’Organisation du 27e Rallye Monte-Carlo Historique à le plaisir de vous annoncer que le Règlement Particulier 2025 de l’Epreuve est désormais disponible en ligne.
Téléchargez le règlement particulier
Vous avez jusqu’au Lundi 11 novembre 2024 pour vous inscrire, d’ici là bonne lecture à toutes et tous…
Le règlement particulier du 𝗥𝗮𝗹𝗹𝘆𝗲 𝗠𝗼𝗻𝘁𝗲-𝗖𝗮𝗿𝗹𝗼 𝗛𝗶𝘀𝘁𝗼𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 2025 est en ligne ! 📖
🚨 Il est encore temps de vous inscrire sur le site https://t.co/MBgWmFCuYG pour participer 🤩#RallyeMonteCarloHistorique pic.twitter.com/e4UHIb3gGf
— Automobile Club de Monaco (@ACM_Media) October 9, 2024
Année après année, le Rallye Monte-Carlo Historique continue de se distinguer par la diversité et l’authenticité de son parcours. Cette édition 2025, le Comité d’Organisation de l’Automobile Club de Monaco l’a souhaitée encore plus attrayante et constituée, comme de coutume, d’une majorité de spéciales de régularité (SR) ayant permis d’écrire les grandes heures de l’épreuve ! Nul doute qu’ils vont être encore nombreux à se bagarrer pour la victoire finale, pour tenter ainsi de détrôner Michel Decremer et Jennifer Hugo, vainqueurs de l’édition 2024 dans leur Opel Ascona 400 de 1979.
Comme à son habitude, la déclinaison historique est réservée aux voitures ayant participé à des éditions antérieures du Rallye Automobile Monte-Carlo, et l’année prochaine à des modèles l’ayant couru entre 1911 et 1983. Le coup d’envoi de cette édition 2025 est programmé pour être donné le jeudi 30 janvier, quatre jours seulement après l’arrivée du 93e Rallye Automobile Monte-Carlo. Les concurrents autorisés à prendre le départ de cette 27e édition du Rallye Monte-Carlo Historique s’élanceront successivement depuis Bad Hombourg, Reims, Monte-Carlo et Turin. Avec pour destination commune la place du Champ de Mars à Valence, préfecture du département de la Drôme et traditionnelle ville étape que les premiers concurrents atteindront le vendredi 31 janvier dans l’après-midi.
Les premières spéciales sont programmées le lendemain, samedi 1er février, avec une Etape de Classement composée de quatre spéciales à disputer (départ du 1er concurrent à partir de 07h30). Cette première journée de course ne sera pas pourtant de tout repos pour les concurrents, avec pour débuter, une classique du massif du Vercors « Col Gaudissart – La Cîme du Mas / SR 1 / 09h20 » et son atypique Col de l’Écharasson (1146 m). Direction ensuite « Les Nonnières –Chichilianne / SR 2 / 11h20 » et son redouté Col de Menée (1402 m) avant le contrôle horaire de mi-journée, organisé à Clelles, terre d’accueil du rallye en Dauphiné, à partir de 12h00. Place ensuite à « La Piarre – Valdrôme / SR 3 / 13h20 »,avec notamment le franchissement du Col de Carabès (1261 m), frontière naturelle entre les départements des Hautes-Alpes et de la Drôme. Retour dans La Drôme Provençale pour terminer la journée avec « La Motte-Chalancon – Saint-Nazaire-le-Désert / SR 4 / 14h30 » via le Col de Chamauche (1037m). Un dernier contrôle horaire est prévu à Crest à16h00, afin de réguler les concurrents attendus au Champ de Mars de Valence à partir de 16h55.
Direction l’Ardèche le dimanche 2 février à 07h30 pour la 1ere partie de l’Etape Commune. Les concurrents devront rejoindre Privas pour un contrôle Horaire (08h45) avant de débuter par l’inédite « Saint-Julien-du-Gua – Col des Quatre Vios / SR 5 / 09h25 ». Une épreuve suivie ensuite sur le routier par une halte, comme à « la grande époque » du côté de Vals-les-Bains. S’en suivra la version classique de « Burzet – Saint-Martial / SR 6 / 11h35 » via la cascade du Ray-Pic. La pause de la mi-journée est programmée place du marché à Saint-Agrève à partir de 13h15, où une dégustation de produits du terroir permet toujours aux concurrents et accompagnants de passer un moment très agréable avant de poursuivre par une inédite « Saint-Bonnet-le-Froid – Vanosc / SR 7 / 13h40 » puis « Saint-Pierre-sur-Doux – Lalouvesc / SR 8 / 15h10 ». Le retour sur Valence (17h30) est une nouvelle fois précédé de la traditionnelle escale populaire et festive du quai Farconnet à Tournon-sur-Rhône à partir de 16h45.
Direction les massifs du Vercors, Diois et des Baronnies le lundi 3 février à 07h30, pour la 2e partie de l’Etape Commune. Avec pour débuter cette grande journée – la plus longue du Rallye – la montée du Col de Tourniol (1145m) entre « Barbières – Gigors-et-Lozeron / SR 9 / 08h35 ». Les difficultés vont crescendo puisque les concurrents ont ensuite rendez-vous avec « Saint-Nazaire-le-Désert – Chalancon / SR 10 / 10h40 » avec l’enchaînement des Cols de Muse (932 m), Chamauche (1037m) et de La Croix (722m). La pause de mi-journée est programmée à Buis les Baronniesà 12h45 avant que les concurrents n’enchaînent avec la plus longue spéciale du Rallye « Montauban-sur-l’Ouvèze – Roussieux / SR 11 / 13h25 d’une quarantaine de kilomètre avec notamment l’enchainement des Cols de Perty (1302m), de Reychasset (1052 m) et de Pierre-Vesce (1013 m). L’ultime difficulté de cette étape passe par « Recoubeau-Jansac – Pennes-le-Sec / SR 12 / 15h00 » et le franchissement du Col de Pennes (1040 m). La dernière halte du jour avant le retour sur Valence (17h15) aura, pour théâtre comme la veille, la Place du Champ de Mars à Crest avec un contrôle horaire à partir de 16h20.
Mardi 4 février, le départ de Valence est programmé à 07h00. Cette 3e et dernière partie de l’Etape Commune débute par « La Charce – Rosans / SR 13 / 09h00 » et son Col de Pommerol (1072m). La continuité de l’étape passe par « Sisteron – Thoard / SR 14 / 10h40 » et son anthologique Col de Fontbelle (1304m). Enfin, pour en terminer avec la redescente vers la Principauté de Monaco, l’épreuve de « Briançonnet – Entrevaux / SR 15 / 14h00 » avec le passage des Cols du Buis (1196m) et de Félines (926m). L’entrée en Parc Fermé à Monaco est prévue à 16h20, précédée d’un contrôle horaire à la Turbie à partir de 15h55.
Le départ de l’Etape Finale, programmée dans la nuit du mardi 4 au mercredi 5 février, aura lieu à Monaco à partir de 21h00. Avec au menu de cette dernière nuit deux monuments de la légende du Rallye Monégasque dont « Col de Braus – Lantosque / SR 16 / 22h15 », avec pas moins de quatre Cols à gravir dont l’Ablé (1149m), l’Orme (1005m), Saint-Roch (990m) et de la Porte (1057m). Enfin, l’ultime confrontation entre « La Bollène-Vésubie – Moulinet / SR 17 / 23h25 » aura comme juge de paix sa majesté le Col de Turini (1607m). Arrivée prévue sur le Port Hercule de Monaco à partir de 01h10.
Enfin, selon la tradition, la Soirée de Gala et de Remise des Prix se déroulera le mercredi 5 février au soir, dans la prestigieuse Salle des Etoiles au Monte-Carlo Sporting Club. (Smoking ou Tenue de soirée exigés).
NB : Etapes, Spéciales, Kilométrages et horaires donnés à titre indicatif jusqu’à la publication officielle de l’itinéraire.
C’est la belle histoire de cette fin de 26e Rallye Monte-Carlo Historique : la Citroën Dyane bleu ciel engagée par Georges Gomis et Roland Crouzet, qui date de 1976 et portait le numéro 229, est arrivée à bon port, à la 144e place du classement général, alors qu’elle était la plus petite cylindrée du plateau (650 cm3). Elle prépare désormais son jubilé en 2026…

Tout a bien failli s’arrêter dès le parcours de concentration, dans l’ascension du Col Bayard : “Nous étions partis de Reims, et après le CH de Bourgoin-Jallieu, en montant le Col Bayard, il y a eu de grosses vibrations à l’avant. On a trouvé un garagiste, on a vu que des vis tenant les biellettes de direction étaient cassées, il a fallu souder et ça a tenu. On a appelé l’ACM pour dire qu’on avait pris du retard, ils nous ont dit de rater le CH de Gap, alors on a démarré le rallye avec 10.000 points de pénalité”, raconte Georges Gomis. Et il ne s’arrête plus : “On a entamé une belle remontada, dès samedi, et on finit à la 144e place. On aurait pu finir autour de la 120e place sans cette pénalité, avec la plus petite voiture du rallye. Toutes les journées étaient formidables, c’était du plaisir total, tout le temps. Mais s’il y avait eu plus de neige, on aurait été avantagés dans les montées par rapport aux propulsions, en pneus cloutés”.
Cette Dyane 6 a une longue histoire, parfaitement racontée, avec tous les détails, sur le site de passionnés www.delessencedansmesveines.com. Elle avait participé en 1976 au Rallye Monte-Carlo, en Championnat du monde, avec au volant Michel Peyret. Et elle roule encore dans la version historique, près de cinquante ans plus tard, pour le plus grand plaisir de son équipage. Ils ont posé pour la photo mercredi, en compagnie de Michel Peyret justement, et de Claude Julian, le speaker historique de l’ACM. Avec une idée en tête : fêter le jubilé de la Dyane en 2026, à Monaco, lors du Rallye Historique, “en faisant une belle fête avec Michel (Peyret) et tous les copains”, promet Georges Gomis. On peut lui faire confiance…
Tout a été réuni pour faire de ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique un grand millésime, de la météo parfaite à la qualité de l’organisation par l’Automobile Club de Monaco. De l’accueil des populations, dans toutes les villes et villages du parcours, au niveau très relevé des 233 équipages qui avaient pris le départ des quatre coins de l’Europe. Avec à la fin un superbe duo victorieux, les Belges Michel Decremer et Jennifer Hugo, dans une Opel Ascona 400 de 1979 qui a mené la danse de samedi après-midi à mardi minuit, sans interruption.
Le tandem de vainqueurs venus du Plat Pays a de quoi être fier : la seule et unique fois qu’une Opel a triomphé dans un Rallye Monte-Carlo, en WRC, c’était déjà une Ascona, en 1982, avec au volant l’immense Walter Röhrl, assisté du fidèle Christian Geistdorfer.

Michel Decremer, déjà victorieux en 2017 dans une Opel Ascona 2000, et sa copilote, pour seulement leur deuxième rallye ensemble, n’ont jamais faibli : aucune place au-delà de la 55e (sur plus de 200 concurrents), jamais plus de 60 points de pénalité encaissés, dans les 16 Spéciales de Régularité (SR) disputées pendant quatre jours. Avec un final en apothéose, dans le Col de Turini, juste avant minuit.
C’est la deuxième victoire d’un duo belge, en 15 jours, dans un Rallye Monte-Carlo, puisque Thierry Neuville et Martijn Wydaeghe s’étaient imposés fin janvier en WRC, dans leur Hyundai i20. Et le podium final de cette version historique a fière allure, avec deux équipages italiens qui n’ont pas ménagé leur peine, eux non plus : Giorgio Schon et Francesco Giammarino, aux avant-postes de bout en bout dans leur petite Austin Mini Cooper S, Maurizio Aiolfi et Carlo Merenda qui ont remporté deux SR dans leur superbe Lancia Beta Coupé 1800 grise.
Des statistiques impressionnantes !
Si l’on regarde les chiffres de cette 26e édition, il y en a deux qui ressortent : d’abord, la présence de 9 marques automobiles différentes dans le Top 10 du classement final officiel, publié mercredi à 12h30 par l’ACM ; ensuite, le fait que 10 constructeurs automobiles ont remporté au moins une SR, parfois ex-aequo avec une autre marque. Dans le détail, Porsche a finalement battu Lancia (6-5), alors qu’Austin (3 victoires), Sunbeam et BMW (2 chacune) ont aussi tiré leur épingle du jeu, le reste des lauriers étant partagé entre Mazda, Alfa Romeo (18 voitures au départ), Citroën, Volkswagen et bien sûr Opel, la marque des vainqueurs.
Pour les amateurs de statistiques à l’ancienne, il y en a une autre : l’Allemagne, avec 10 victoires en SR (pour quatre marques, Porsche, BMW, Opel et VW), a battu l’Italie (6 seulement, dont 5 pour Lancia et une pour Alfa), et la Belgique a succédé au palmarès à la Suisse, puisque Claudio Enz et Cristina Seeberger s’étaient imposés l’an dernier dans une Lancia Fulvia.
Un énorme succès populaire !
C’était certes un rallye long et éprouvant pour les équipages et les organisateurs, mais le soutien des populations, tout au long du parcours, a fait chaud au cœur, dans tous les départements traversés, de l’Ardèche à la Drôme, de l’Isère aux Hautes-Alpes, de la Haute-Loire aux Alpes de Haute-Provence, avec les Alpes-Maritimes pour finir, dans la grande tradition du Monte-Carlo, du côté du mythique Col de Turini.
Ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique a attiré la grande foule, partout, et rassuré tous les amateurs de sport automobile à l’ancienne, de vieilles voitures de course et de pilotes charmants et abordables, jamais en panne d’anecdotes et de bonnes histoires. C’était un grand millésime, alors vivement 2025 pour vivre un rallye encore plus réussi !
La Porsche 911 SC de Samuel et Klaus Thiele (#9) a remporté la 16e et dernière épreuve spéciale de ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique, au Col de Turini, devant la surprenante Volvo 121 d’un autre équipage familial venu d’outre-Rhin, Michael et Julius Pan (#215), ex-aequo avec la Mini Cooper S des Italiens Giorgio Schon et Francesco Giammarino, dauphins jusqu’au bout des Belges Michel Decremer et Jennifer Hugo (Opel Ascona) au classement général.
Tout le monde étant très concentré pour ne pas compromettre une semaine d’efforts, cette SR16 n’a pas produit de grande surprise. Les leaders belges se sont contentés de la 4e place ex-aequo. En tête du 26e Rallye Monte-Carlo Historique depuis samedi après-midi, après la SR3, dans leur Opel Ascona aux couleurs de Radio Monte-Carlo, ils étaient encore devant mardi à minuit, quand ils sont rentrés sur le port de Monaco après la 16e et dernière Spéciale de Régularité (SR) de cette édition 2024.
Le podium final a été complété par Maurizio Aiolfi et Carlo Merenda (Lancia Beta Coupé 1800). Le Classement Général Final a été officialisé mercredi à 12h30 par l’Automobile Club de Monaco (ACM).
Le tandem belge Decremer-Hugo a parfaitement géré son affaire, de bout en bout, y compris dans cette SR16 qui se terminait au Col de Turini. Les organisateurs ont en effet pris la sage décision, en début de soirée, d’annuler carrément la SR17, entre La Cabanette et le Col de Braus. Il y avait tellement de brouillard sur la route que lancer plus de 200 équipages fatigués dans ces conditions, de nuit, aurait été beaucoup trop dangereux.
Le seul changement au sommet du classement général est intervenu pour les deux jeunes Français en Alfa Romeo GTV (#7), Jules Picoreau et Camille Béal, passés de la 5e à la 6e place du Classement Général. Mais cela n’enlèvera rien à la qualité de leurs performances depuis une semaine, à 23 ans seulement. Ils n’étaient pas encore nés quand a eu lieu la toute première édition du Rallye Monte-Carlo Historique !
En prélude au départ des 213 concurrents rescapés pour la nuit du Turini, le début de soirée sur le port de Monaco a permis à S.A.S. le Prince Albert II de Monaco de rendre un vibrant hommage à son père, S.A.S. le Prince Rainier III, et à son goût des belles voitures.
Vibrant car le public, sur le coup de 20h00, a entendu rugir le moteur d’une rarissime Deutsch-Bonnet (DB) Frua, restaurée pour l’occasion. Et c’est bien le Prince Albert II qui était au volant, pour un tour complet du Circuit de Monaco.
Cette DB Frua a été totalement rénovée dans les ateliers de la Collection du Prince, à partir d’une épave rachetée aux Etats-Unis. C’est la réplique exacte de la voiture que le Prince Rainier avait pilotée lui-même lors du Tour Auto, en 1953, sous un pseudonyme habilement trouvé pour éviter d’être reconnu. L’aventure avait tourné court, à cause d’un petit accident sans gravité, et 70 ans plus tard c’est un bien bel hommage que lui a rendu son fils.
Après avoir fait son tour de circuit dans la DB Frua, S.A.S le Prince Albert II est revenu sur le podium de l’ACM pour donner le départ des premiers concurrents du classement général. Objectif : le col de Turini, haut-lieu du Rallye Monte-Carlo depuis le début du siècle dernier. Avec le même enjeu pour tous les pilotes concernés, qu’ils soient belges, italiens ou français, dans une Opel, une Lancia ou une Alfa Romeo : remporter haut la main ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique, avec un maximum de panache !
Le suspense est total avant la dernière nuit du 26e Rallye Monte-Carlo Historique, soit deux épreuves (SR16, SR17) dans l’arrière-pays niçois, tout près et dans le Col de Turini, un grand final digne de la légende du rallye le plus célèbre du monde. Il y a cinq équipages regroupés en 210 points, donc tout est possible en haut du classement général. Et après 15 spéciales de régularité âprement disputées, il y a 8 marques différentes aux 8 premières places. Phénoménal.
Lancia a fini en trombe l’Etape Commune, par deux victoires en trois SRs mardi, sur la route du retour vers Monaco. La Lancia Beta Coupé 1800 grise de Maurizio Aiolfi et Carlo Merenda (#2) s’est montrée la plus efficace dans la SR14, à Laborel, puis la Lancia Fulvia 1.3 S de Claudio Enz et Cristina Seeberger, la paire suisse victorieuse l’an dernier, a remis les pendules à l’heure en remportant sa première SR de cette édition 2024.
Après une pause de midi bienvenue à Saint-André-les-Alpes, la Fulvia numéro 1, avec 30 points de pénalité seulement, a fait mieux entre Collongues et le Col de Saint-Raphaël (19,3 km) que sept voitures ayant terminé cette SR15 ex-aequo à la 2e place, avec 40 points de pénalité. Dans le lot, il y avait bien sûr la Ford Capri de Bruno Saby et Denis Giraudet, parfaitement réparée dimanche et fin prête pour une dernière soirée de fête du côté du Turini.
Avant les deux dernières Spéciales de Régularité, le duo de tête est toujours le même, avec les Belges Michel Decremer et Jennifer Hugo, dans leur Opel Ascona aux couleurs de Radio Monte-Carlo, devant les Italiens Giorgio Schon et Francesco Giammarino (Austin Mini Cooper S). Mais leur marge de sécurité s’est réduite et la bagarre va être acharnée pour la dernière place sur le podium entre trois voitures, dont celle du tandem juvénile composé par Jules Picoreau et Camille Béal dans l’Alfa GTV numéro 7. Tout est possible, vraiment.
Le mano a mano entre marques allemandes et italiennes a connu un nouvel épisode dans la SR14 qui emmenait tous les concurrents vers Laborel, où tout le peloton était déjà passé lundi. Et cette fois-ci il y a eu égalité parfaite, avec tout en haut de la feuille de classement une Lancia, la même que lundi dans la SR12, et une Porsche espagnole, la même que lundi dans la SR10.
Ils brillent depuis le début de ce 26e Rallye Monte-Carlo Historique, dans une 911 turbo bleue qui porte le numéro 4 : les Espagnols Alvaro Ochagavias Temino et Manuel Macho Gomez se sont encore fait remarquer entre Roussieux et Laborel (18,6 km), et ils ont encore terminé premiers ex-aequo, cette fois ci avec la très belle Lancia Beta Coupé 1800 grise de Maurizio Aiolfi et Carlo Merenda (#2).
C’était encore une très belle SR de cette édition 2024, disputée par une météo très clémente et conclue juste devant le Musée du Rallye Monte-Carlo créé par un collectionneur passionné, en plein cœur du village. D’autres équipages en ont profité pour prendre le moins de pénalités possibles et progresser au classement général ; à commencer par l’équipage arrivé seul 3e : Ferruccio et Carlo Nessi, dans une petite Morris Mini Cooper S de 1965 (#217).
Pour compléter le tableau d’honneur, à la 4e place, Luc et Louis Dumas dans leur Porsche 924 de 1977 (#118) ont fait aussi bien que Charles Offel de Villaucourt et Alexandre Moreau-Lespinard dans leur jolie berlinette Alpine 1600 S de 1971 (#72), et aussi bien que Laurent et Sonny Manzoni dans l’une des nombreuses Alfa engagées, une 2000 GTV de 1972 (#188).
Les marques allemandes ont continué leur razzia dans la SR13 qui ouvrait la 3e et dernière partie de l’Etape Commune, mardi matin : une BMW 323i, de 1981, emmenée par un équipage espagnol, Luis Climent Asensio et Victor Buades (#146), a pris la 1ère place entre Saint-Nazaire-le-Désert et La Motte Chalançon (18,2 km), une autre spéciale mythique de la version WRC, à égalité avec une VW Scirocco de 1982, celle d’Ilya Kashin et Boris Kostyrko (#43).
C’était la première Spéciale de Régularité (SR) de cette dernière journée du 26e Rallye Monte-Carlo Historique et on a revu, comme souvent lundi, la Lancia des tenants du titre aux avant-postes : les Suisses Claudio Enz et Cristina Seeberger, dans leur Coupé Fulvia 1.3S (#1), ont pris la 3e place, tout seuls, devant une autre Lancia Fulvia, celle du tandem danois Simonsen-Kristensen (#30), et une autre BMW, la 2002 Ti de Laurent Combier et Etienne Berthoin.
Ce bon résultat a permis à l’équipage de la VW Scirocco de gagner une place au classement général, de la 5e à la 4e, derrière un trio de tête toujours inchangé : Opel devant Mini et Alfa. Il restait deux SRs à disputer sur la route du retour à Monaco, puis les deux dernières ce soir, du côté du Col de Turini.