Inaugurée le 30 juin et ouverte au public jusqu’au 6 septembre 2026 au Grimaldi Forum, l’exposition Monaco & l’Automobile rend hommage à plus de 130 ans d’histoire automobile. À travers deux articles, on vous invite à découvrir quelques-uns des véhicules les plus emblématiques de l’exposition qui ont marqué les épreuves de l’Automobile Club de Monaco. Dans cette première partie, place à cinq légendes du Rallye Monte-Carlo. La seconde sera consacrée aux voitures qui ont marqué l’histoire du Grand Prix de Monaco.
Parmi les 53 véhicules réunis dans l’exposition Monaco & l’automobile, de 1893 à nos jours, plusieurs ont écrit quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du Rallye Monte-Carlo. Voici une liste non exhaustive de cinq voitures mythiques de l’épreuve à découvrir au Grimaldi Forum.
C’est l’une des voitures les plus iconiques de l’histoire du rallye français. L’Alpine-Renault A110 Berlinette est la voiture avec laquelle Alpine offre à la France le tout premier titre constructeur de l’histoire du Championnat du monde des rallyes (WRC), créé en 1973. La marque tricolore écrase la concurrence lors de cette saison inaugurale en remportant 6 des 13 manches, dont le Rallye Monte-Carlo 1973.
L’exemplaire présenté est l’une des 17 voitures de l’équipe officielle, pilotée par Jean-Pierre Nicolas et Michel Vial, troisièmes lors de cette édition historique. Elle arbore les attributs esthétiques indissociables de l’image de la berlinette, avec ses passages de roues élargis, ses gros projecteurs additionnels et sa peinture bleu métallisé, devenue mythique aux yeux des passionnés d’automobile en France.
Couronnée de quatre victoires au Monte-Carlo, la Lancia Stratos HF est l’une des voitures les plus chevronnées du constructeur italien. Intouchable entre 1975 et 1977, Sandro Munari remporte l’épreuve trois fois consécutivement. Les Français Bernard Darniche et Alain Mahé offrent à la Stratos une quatrième et dernière victoire en 1979.
Conçue exclusivement pour la compétition, la Stratos HF est caractérisée par son dessin radical et son moteur Ferrari V6 en position centrale. Elle est rapidement devenue la référence absolue des rallyes. En 1977, le groupe Fiat donne la priorité à la 131 Abarth, mais la Stratos connaît encore un succès : la numéro 1 de Sandro Munari et Silvio Maiga, aux couleurs d’Alitalia, s’impose.
Régulièrement engagée au Rallye Monte-Carlo Historique, elle continue aujourd’hui de fasciner les passionnés par sa silhouette unique et la sonorité inimitable de son V6 Ferrari.
La voiture d’une « remontada » mémorable. La Peugeot 205 Turbo 16 fait ses débuts en Championnat du Monde des Rallyes en 1984 sous la direction de Jean Todt, alors patron de Peugeot Talbot Sport. L’année suivante, pour sa première saison complète, Ari Vatanen et son copilote Terry Harryman offrent à la marque française une victoire historique au Rallye Monte-Carlo. Opposé à Walter Röhrl (Audi), le Finlandais réalise l’un des plus grands exploits de l’histoire de l’épreuve en effaçant une pénalité de 8 minutes pour s’imposer en Principauté.
Présentée dans cette exposition, la 205 Turbo 16 est l’un des symboles du Groupe B, une catégorie où les ingénieurs repoussaient toutes les limites technologiques. Aussi spectaculaire que redoutable, cette génération de voitures sera finalement interdite à l’issue de la saison 1986 pour des raisons de sécurité.
Elle a marqué toute une génération. La Citroën Xsara WRC est la voiture avec laquelle Sébastien Loeb et son copilote monégasque Daniel Elena lancent une domination sans précédent. Leur victoire au Monte-Carlo en 2003 est le point de départ de neuf titres mondiaux consécutifs (2004 à 2012). Au volant de la Xsara WRC, parée de sa mythique livrée rouge et bleue, le duo franco-monégasque remporte également les éditions 2004 et 2005 du Rallye Monte-Carlo.
La victoire de 2003 est d’ailleurs vécue comme une revanche par Sébastien Loeb et tout le clan Citroën. En 2002, alors que le pilote alsacien était entré dans la Principauté en vainqueur avec plus de 45 secondes d’avance, il avait été pénalisé pour une infraction réglementaire sur sa Xsara WRC. Sous la direction de Guy Fréquelin, Citroën Sport aligne à cette époque une véritable « dream team », avec notamment Carlos Sainz, Colin McRae et le jeune Sébastien Loeb. C’est pourtant ce dernier qui ouvre l’une des plus grandes pages de l’histoire du Championnat du Monde des Rallyes.
Pour la saison 2017 de WRC, Toyota revient dans un championnat que la marque japonaise avait remporté en 1993, 1994 et 1999. Pour son retour, le constructeur nippon engage une version rallye de sa première citadine fabriquée en France : la Toyota Yaris WRC. C’est la voiture avec laquelle Sébastien Ogier et Julien Ingrassia remportent le Rallye Monte-Carlo 2021, la huitième victoire d’Ogier sur cette épreuve, ce qui en fait un record pour l’époque.
Développée sous la direction du quadruple champion du monde Tommi Mäkinen, la Yaris WRC symbolise le retour triomphal de Toyota au plus haut niveau. C’est également au volant de cette voiture qu’Ogier et Ingrassia décrochent, à l’issue de la saison 2021, leur 8e titre mondial ensemble, avant que le copilote français ne mette un terme à sa carrière. Sébastien Ogier poursuivra ensuite sa carrière en WRC sur un programme partiel, ajoutant encore de nouveaux succès à son palmarès. Dernière représentante d’une génération de WRC à moteur thermique avant l’arrivée de l’hybride, la Toyota Yaris WRC demeure une icône moderne du rallye.
Ces cinq modèles ne représentent qu’une partie des 53 véhicules réunis dans l’exposition Monaco & l’Automobile. Rendez-vous au Grimaldi Forum pour découvrir l’ensemble de cette collection exceptionnelle et revivre plus de 130 ans d’histoire automobile.